» Pratiquer la thérapie du couple »

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire part de la sortie du tout dernier livre d’Anne Sauzède-Lagarde et Jean-Paul Sauzède «  Pratiquer la thérapie du Couple ». Ce livre clair, limpide et d’approche aisée, nous transmet leur plus de vingt ans de pratique et de réflexion de la thérapie du couple.

Cet ouvrage nous montre, et c’est encore nécessaire, combien la thérapie du couple n’est pas la réalité augmentée de la thérapie individuelle.

C’est une pratique à part entière, singulière et qui a des impacts notamment sur notre posture du thérapeute. L’alliance que nous faisons avec un couple est très différente de celle établie avec un patient individuel. Le thérapeute peut à la fois être inclus et exclu du système couple. Ce qui génère des postures et des sentiments très nouveaux pour un thérapeute habitué à la thérapie individuelle.

Il fait face à la puissance du couple, aux expériences qu’ils poursuivent ensemble entre les séances, à leur capacité à faire front ensemble contre le thérapeute alors que le couple se présente en premier lieu souvent en conflit.

Ce type de thérapie nous oblige donc à une forte présence mais également à beaucoup d’humilité. Elle nécessite une réflexion approfondie sur notre vision du couple, nos introjects, nos enthousiasmes et nos résistances.

Les thérapeutes formés à la thérapie du couple pourront retrouver dans ce livre tous les concepts développés au cours de la formation, se replonger dans le système couple , la systémique, les hypothèses et les différentes interventions.

Les thérapeutes non formés pourront y puiser la vision singulière de l’école du couple, des réflexions sur leur posture, des techniques d’intervention. Ils en tireront aussi la conclusion qu’une formation spécifique et une supervision régulière est indispensable à cette pratique.

Et tous prendront du plaisir à la lecture très fluide de cet ouvrage agrémenté de cas cliniques illustrant le plaisir et la complexité d’accompagner des couples dans leur aventure de vie.

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A propos de sexualité dans la thérapie du couple 

Comment parler de sexualité dans la thérapie du couple ?

Une partie de notre travail en tant que thérapeute du couple implique une forme de pédagogie sur la question de la sexualité.

Comment parle t on de sexe dans un couple ?

Et comment en parler en thérapie du couple, avec un couple ?

Je constate souvent la pauvreté de la communication sexuelle au sein des couples. C’est parfois tabou d’en parler. Les couples ne savent pas comment s’en parler. S’il y a des besoins, ils sont difficilement exprimables, il y a aussi beaucoup de peurs, des réticences, de la pudeur. Et pourtant, par le biais de la sexualité les partenaires peuvent révéler des aspects importants d’eux mêmes à l’autre. Tout ceci doit être pris en compte.

Il y a donc d’un côté à oser parler de « ça » avec les couples !

Et de l’autre à former les thérapeutes du couple sur cette question !

Cela doit nous avertir de l’importance, dans la formation à la thérapie du couple, d’ouvrir une fenêtre sur la question de la sexualité, même si, à l’Ecole du Couple, la sexualité n’est pas directement notre porte d’entrée. On la travaille davantage comme un symptôme, qui traduirait tel ou tel problème de couple : une problématique de frontières, d’engagement, d’enjeux de pouvoir, un mouvement de différenciation… Les symptômes révèlent le problème, c’est comme l’arbre qui cache la forêt.

Cependant il me parait important de prendre la mesure de ce sujet, souvent, toujours ? ouvert par les couples autour de leur sexualité. Et s’ils ne le faisaient pas, c’est bien à nous, thérapeutes du couple, de les aider à parler de ça !

En tant que formatrice à l’EDC, permettre aux futurs thérapeutes du couple de parler simplement de sexualité dans l’accompagnement des couples est nécessaire… A mon sens, il y a un intérêt d’un retour sur soi en tant que personne, puisque nous allons accompagner « nos » couples à cet endroit : nous regarderons comment ça se vit pour nous dans notre couple, dessiner et élaborer notre ligne de vie amoureuse, affective et sexuelle. Les couples que nous accompagnons réactivent nos histoires personnelles. De même, les couples que nous avons formés et notre couple actuel s’il existe sont toujours nourris/pétris de notre histoire personnelle. Démêler tout cela, y mettre de la clarté sera gage d’un travail avec les couples plus sécure et serein autant que faire se peut.

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Thérapeute de couple versus Thérapeute du couple

Cette distinction peut apparaître comme une coquetterie, un débat ou une subtilité théorique de spécialistes. Il n’en est rien, il s’agit d’une différence fondamentale que nous portons à l’Ecole du Couple (http://www.ecoleducouple.com/)et qui colore chacune des étapes de nos interventions.

C’est le récit de l’expérience de thérapie de couple de 3 patients individuels qui m’a poussé à vous partager aujourd’hui notre positionnement à ce sujet.

Là où une thérapie de couple est une thérapie de la relation de couple voire de deux individus en situation de couple, la thérapie du couple pose le couple comme client et acteur de son évolution.

Ainsi une thérapie de couple peut avoir pour vocation de soigner cette relation et les individus qui la constitue et permet de voir les protagonistes individuellement pour faire progresser la relation.

Pour ce qui nous concerne, notre client étant le couple, nous ne recevons jamais l’un des partenaires sans l’autre. C’est notamment pour cela que notre méthode thérapeutique est une thérapie du couple.

Voici l’expérience de mes 3 patients (leurs prénoms sont modifiés).

Ces 3 exemples n’ont pour vocation ni de prendre la « défense » de mes patients qui comme tout membre d’un couple porte à 100% la responsabilité de la relation, ni de critiquer mes collègues thérapeutes qui appliquent d’autres méthodes correspondant à leurs fondements théoriques, mais de porter nos différences et d’expliciter notre cadre qui protège le couple et les thérapeute de nombreux écueils.

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Sur la relation extra conjugale dans les couples… (suite)  

Je reviens sur la relation extra conjugale dans les couples, thème déjà ouvert dans un précédent article du blog :

Je remarque que, pour certains couples, dont l’un des partenaires vit une relation extra conjugale, cette liaison s’est imposée pour faire exploser ce qui a été bâti et le remplacer par une nouvelle construction, parfois plus saine, plus consciente, plus mature. Parfois certains choix révèlent la créativité et la résilience des couples. J’en suis toujours émue.

En considérant que le mariage ou le couple doit tout nous apporter, notre culture ne nous laisse pas d’autre choix que de le tenir « à bras le corps », de divorcer, de se résigner ou de se plaindre éventuellement… La question de la monogamie se pose aussi.

De nos jours, la monogamie entretient elle un idéal romantique illusoire ?

Je n’ai pas la réponse mais je m’interroge beaucoup sur les nouvelles visions du couple…du fait de son évolution sociétale.

Condamner trop vite « l’adultère » nous détourne peut-être du vrai sujet qui se cache derrière. Il est nécessaire de se rendre compte de la complexité du mariage et par là même du couple.

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Faire chambre à part….un autre regard

Faire chambre à part est dans l’imaginaire collectif signe de vieillissement, de fin du couple et d’arrêt de la sexualité. J’y vois une notion sous jacente de normalité : est ce normal de faire chambre à part ? Un couple qui s’aime devrait dormir ensemble ? J’y entends également des craintes de rejet et de désamour : un patient déclarait à sa femme lors d’une récente thérapie « tu ne dors plus avec moi, je sens que tu me lâches ».

Il faut bien reconnaître que le terme « chambre à part » est, non seulement un terme peu élégant, et le vocabulaire employé étant structurant de la pensée, il dénote une démarche de séparation. C’est l’un qui déserte la chambre conjugale et qui décide de dormir ailleurs.

C’est pourquoi, je préfère l’expression faire chambre séparée, que je trouve plus équilibrée et moins culpabilisante pour celui/celle qui ne partage plus le lit originellement conjugal.

Et si faire chambre séparée était l’opportunité de s’interroger sur son couple et de lui donner un nouveau souffle.

Tout d’abord qu’est ce qui fait couple pour nous ? Nous avons tous une représentation de ce que devrait être un couple : s’engager, se pacser, se marier ou vivre en union libre, faire des projets, avoir des enfants, partager une intimité, faire des activités ensemble, avoir une sexualité régulière…et souvent vivre dans le même lit et partager la même chambre.

Notre vision est souvent idéalisée, empreinte de ce qui devrait être et de ce que l’on imagine de la manière de fonctionner des autres couples et quelquefois figée. Et pourtant un couple évolue, c’est une dynamique qui s’adapte à des étapes de vie et d’évolution du couple. Dormir ensemble, s’il permet un partage d’intimité, si le lit peut être un lieu d’échange, de discussion, il peut être nécessaire pour l’un ou l’autre ou les deux membres du couple de retrouver un espace personnel sans déserter le couple.

Tout ce qui fait norme sans réflexion, finit par perdre de sa substance et rassurer par essence tout en perdant de sa consistance.

Ainsi, le désir de dormir dans deux lieux séparés, peut permettre de réévaluer ce qui fait couple, ce qui manque dans la relation ou tout simplement remettre un peu de piment dans la séduction. Nous ne dormons pas ensemble par habitude mais par envie et pas nécessairement tous les soirs. Nous acceptons de penser que l’un ou l’autre partenaire, ou peut être les deux a besoin de temps en temps d’espace personnel pour se ressourcer ou simplement mieux dormir. La sexualité n’est pas un automatisme mais un aller vers, un désir à renouveler.

Dormir dans deux lieux différents peut révéler un besoin de frontières, générer des moments de différenciation pour mieux se retrouver, et pas nécessairement le symbole d’une séparation à venir.

En conclusion dormir dans le même lit n’est pas une garantie de la bonne santé du couple, comme dormir de façon séparée n’est pas une évidence de la mauvaise santé de votre couple.

 

 

Réponse de l’homme à la lettre …

Je me décide ce soir à t’écrire. Nous sommes passés à la nouvelle année. Tu le sais, écrire n’est pas facile pour moi. J’y ai pris du temps. T’écrire des sms, ça, je sais faire, mais une lettre !… Une vraie lettre sérieuse, en réponse à la tienne qui l’est tout autant… Alors je me sens dans l’obligation de m’y atteler. Car ta lettre est profonde et c’est à cette profondeur que je réponds.

Moi, je n’ai pas vu le temps s’écouler. Depuis 14 ans que nous sommes ensemble, toi et moi. Je ne me pose pas toutes les questions que tu te poses. En lisant ta lettre, ça m’a fait peur, comment allons-nous continuer ensemble, me dis-tu ? J’ai même eu un mouvement de recul et d’agressivité. Ah ! Si elle ne veut plus de moi, je me tire ! Tu connais mon impulsivité. Et puis comme il s’agissait d’une lettre, j’ai trouvé le temps de faire face à ma peur, à ma colère aussi.

Le sais-tu ? Tu m’as beaucoup apporté. Je me connais mieux grâce à toi sans doute, tes paroles, ton regard sur ce que j’ai vécu. Je prends plus de recul, je « conscientise » comme tu dis !

Par contre, la thérapie, ce n’est pas mon truc du tout. Mais avoir conscience de ma place dans notre couple, de ce qui m’appartient de faire pour que ça tienne la route, ça, oui ! Je commence à mieux le faire.

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« Pour réussir sa vie de couple, il faut faire en permanence des concessions »

Je voulais aujourd’hui vous faire part de mon agacement à l’écoute de cette phrase toute faite, qui sonne négativement et donne une vision de la vie de couple laborieuse et pesante.

Revenons à l’étymologie du mot concession : il vient du latin concessio, action de céder à, action de se retirer devant quelqu’un, action d’accorder, concession d’attribution.
Ainsi, une concession est l’octroi, l’attribution d’un bien, d’un droit ou d’un privilège fait par un pouvoir régulier à quelqu’un de rang inférieur au titre de grâce ou de faveur ou à des particuliers moyennant certaines charges et obligations.

Par extension, au sens figuré, c’est l’action de renoncer à une opinion, à une prétention ou à un droit à l’occasion d’une discussion, d’un débat ou d’une négociation.

Vous m’accorderez que cela ne fait pas rêver !!!! Et pourtant combien de fois l’avons nous entendu ou exprimé.

Alors, pour atténuer le propos, nous pouvons lire dans la littérature du développement heureux du couple, la possibilité de substituer la négociation à la concession. Terme certes à consonance plus positive mais tout autant empreint de lourdeur. Il faudrait ouvrir au sein de son couple, la table des négociations pour que chacun ait la chance ou l’illusion de gagner alternativement l’enjeu de la discorde.

Au delà des mots et de la connotation positive ou négative de ceux-là, je crois que nous nous trompons de débat. Lorsque nous lisons dans les manuels de la réussite du couple, le terme concession, il est utilisé pour tous les petits conflits du quotidien : je veux aller chez ma mère alors que mon conjoint préfère rester à la maison, choisir entre des vacances à la mer ou à la montagne, sortir avec ses copains ou pas…..Ils sont la plupart du temps traités dans les articles sur le versant du contenu et du désaccord identifié .

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De l’infidélité dans les couples… 

Lisant le dernier article de ma collègue et amie, Muriel Mounoury, sur notre compétence, en tant que thérapeute du couple, d’accompagner les couples dans la séparation quand celle ci est inévitable, je fais suite avec un texte sur les infidélités dans les couples puisque celles-ci ont parfois pour issue l’éclatement du couple.

Je reçois beaucoup de couples avec la problématique du « tiers sexuel » qui fait des ravages et des blessures. L’issue est parfois la séparation tant ce symptôme vient effriter les fondements, l’idéal, les valeurs du couple et infliger une telle blessure narcissique que la réparation et la croissance nouvelle du couple ne peuvent pas toujours se faire.

J’ai beaucoup lu sur l’infidélité que ce soit des romans ou des essais philosophiques, des textes sociologiques et psychanalytiques, toutes sortes de livres théoriques de thérapeutes de couple ou pas confrontés à cette problématique.

Je suis en train de lire Esther Perel, « je t’aime, je te trompe » ou repenser l’infidélité pour réinventer son couple.

Esther Perel se pose trois questions :

Qu’entend-on par infidélité ?

Les conséquences de celle-ci ?

Et quel sens lui donner ?

Réfléchissons un instant à ce que signifie pour vous l’infidélité.

Quel sentiment celle-ci vous inspire ?

Pourquoi pas échanger avec votre partenaire sur ce que lui ou elle en pense !

Car nous n’avons pas tous la même représentation de l’infidélité !

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Belle année 2019

 

Katouchka et moi nous souhaitons et vous souhaitons une année 2019 sous les signes de la douceur et de la légèreté. Ces vœux peuvent paraître incongrus tant les systèmes plus larges auxquels nous appartenons, pays, Europe et Monde, ne semblent pas vouloir débuter sous ces auspices. Que de tensions, de repli sur soi, de communications difficiles, de manque de fluidité, de non reconnaissance, d’opposition de groupes, de conflits larvés ou ouverts nous sont promis.

C’est aussi pour tout cela que je nous propose d’agir sur les plus petits systèmes sur lesquels nous avons une influence, notre couple, notre famille et nos groupes d’appartenance pour diffuser de la douceur et de la légèreté.

Ce sont des intentions et non des obligations résultats, essayons de nettoyer à nos portes et basculer vers plus de joie.

Loin de nous la candeur et la naïveté de l’incantation, mais l’intentionnalité d’alléger notre regard sur les défauts supposés de l’autre, sur ses comportements qui nous heurtent, ses différences qui nous dérangent.

De la douceur dans la relation, dans la manière d’aborder nos divergences, dans notre volonté de sortir du reproche. Ne pas vouloir avoir raison à tout prix, mais trouver une alternative qui soit douce pour les deux. Sortir de la culpabilité et de la normalité pour inventer un mode relationnel et une intimité qui conviennent aux deux.

Nous savons que nous n’y arriverons pas en continu tous les jours de 2019 mais avoir cette pensée en fond comme la couleur de cette année, nous permettra certainement de vivre de petits moments merveilleux où l’autre et la relation seront aussi légers qu’une plume.

Bon passage et belle année

JOYEUX NOËL

 

C’est avec plaisir et émotion que Katouchka et moi, fêtons avec vous le 2ème Noël de notre blog.

En cette période de fête qui peut tout autant rimer avec joie, rires et instants partagés qu’avec tensions, conflits et déceptions, je fais le vœu que chacun ait choisi la forme de réveillon qui lui convient le mieux.

Au delà des loyautés imposées, de la culpabilité et des conventions incontournables, chaque couple devrait pouvoir s’autoriser à choisir sa fête et ses modalités : chez les parents, beaux parents, avec les enfants du partenaire, seul ou séparés, avec des amis ou à l’autre bout de la planète, pour une soirée ou quelques jours…..

Enfin, il est trop tard pour y réfléchir, à nos tabliers !!!!il nous reste quelques heures pour préparer quelques mets savoureux, sabler le champagne, rire, profiter de nos proches et ….ouvrir nos cadeaux !!!

Joyeux Noël à tous